Audemars Piguet : les folles nouveautés 2026
Céramique bleue, modèles mini, calibres squelettés... en 2026, Audemars Piguet repousse les limites de ses modèles iconiques.

Neo Frame, cadre néo : l’Art déco réinventé pour AP
La vraie rupture esthétique de l’année vient peut‑être de là : le Neo Frame Jumping Hour, que beaucoup surnomment déjà "Cadre néo" tant son boîtier ressemble à un cadre de tableau contemporain. Cette montre de forme rectangulaire, de 34 x 32,6 mm, en or rose 18 carats, s’inspire directement d’un projet de montre de 1929 dans le style Streamline Moderne, avec des flancs à godrons et un profil tout en lignes tendues. Le cadran en saphir traité PVD noir, partiellement transparent, laisse apparaître le calibre de manufacture 7122, tandis que l’heure est affichée de manière digitale dans un guichet sautant, et les minutes se lisent sur une minuterie périphérique, comme un indicateur linéaire.
L’ensemble donne l’impression d’un cadre suspendu au poignet, où la mécanique est exposée comme une œuvre d’art, dans un esprit très Art déco revisité à la sauce minimaliste de 2026. Le bracelet en cuir de veau noir, volontairement sobre, s’efface pour mieux mettre en avant ce boîtier‑objet qui assume sa dimension de statement design. En une pièce, Audemars Piguet prouve qu’elle peut sortir de l’ombre de la Royal Oak, renouer avec les montres de forme.

150e Heritage : la démonstration de force
Pour célébrer son 150e patrimoine, Audemars Piguet ne choisit pas la voie facile. La 150 Heritage Ultra‑complication Universal Calendar est une montre de poche de 50 mm en platine, pensée dès le départ comme un manifeste technique et non comme une simple réédition vintage. Le boîtier multi‑niveaux accueille deux faces d’affichage : d’un côté, l’heure et plusieurs indications classiques, de l’autre, un calendrier universel et des indications astronomiques qui transforment la pièce en globe miniature du temps.
Le mouvement multiplie les complications, de la répétition à des indications de calendrier complexes, de sorte que l’objet tient autant de la pièce de musée que du laboratoire de développement pour les futurs calibres de la marque. Placée au sommet de la collection, cette montre de poche joue le rôle de totem : elle résume 150 ans de savoir‑faire tout en annonçant la direction prise par Audemars Piguet, entre respect du patrimoine et projection radicale vers l’horlogerie de demain.

Royal Oak 2026 : une déferlante de nouveautés
La famille Royal Oak s’enrichit en 2026 de pas moins de onze nouvelles références, qui se répartissent entre calendriers perpétuels de nouvelle génération, cadrans minéraux très joaillerie et formats plus compacts pensés pour un usage quotidien.
Au sommet de cette vague, on trouve la Royal Oak Selfwinding Perpetual Calendar Openworked 41 mm en titane et céramique bleue nuit, avec un calendrier perpétuel entièrement réglable à la couronne et un cadran totalement ajouré qui expose les ponts, les disques de quantième et la mécanique comme un paysage tridimensionnel. Elle est doublée d’une version en or rose 18 carats, toujours en 41 mm, qui joue sur un contraste très fort entre la chaleur du métal et les teintes plus sombres du mouvement ouvert, pour un rendu presque architectural au poignet.
Plus "sage" en apparence, la Royal Oak Selfwinding Perpetual Calendar 41 mm en céramique Bleu Nuit intégrale ne renonce pas pour autant au spectaculaire. Son cadran "Grande Tapisserie" conserve le dessin iconique de la Royal Oak, mais l’uniformité de la céramique et la profondeur du bleu donnent un aspect très contemporain à un grand classique de la Maison.
Dans un registre plus joaillier, Audemars Piguet dévoile également deux Royal Oak Selfwinding à cadran en malachite, l’une en 37 mm et l’autre en 41 mm, toutes deux en or jaune 18 carats, dont la pierre verte striée de veines concentriques transforme le cadran en véritable plaque minérale, avec un rendu très couture.
Le segment des tailles intermédiaires et compactes n’est pas oublié, avec de nouvelles Royal Oak automatiques en 34 et 37 mm, dotées de cadrans Bleu Nuit rafraîchis et de boîtiers mêlant acier et or ou or rose plein, qui s’alignent sur la demande actuelle de montres sport‑chic plus faciles à porter au quotidien. La gamme se complète enfin par des Royal Oak Quartz de 33 mm en or rose et acier, cadrans fumés et parfois sertis de diamants, clairement positionnées comme montres‑bijoux polyvalentes, à la frontière entre joaillerie et horlogerie.
Pour finir, la Mini Royal Oak 23 mm est sans doute l’une des pièces les plus attendues de ces nouveautés 2026, tant elle réussit à condenser l’ADN Royal Oak dans un format presque bijou. Directement inspirée de la Mini Oak de 1997, cette nouvelle génération se décline en or jaune, or rose et or gris, toujours avec ce traitement Frosted Gold qui donne au métal un aspect givré, scintillant sans tomber dans l’effet "bling‑bling". Le diamètre de 23 mm, le cadran "Petite Tapisserie" ton sur ton et le bracelet intégré créent une silhouette très graphique, qui ressemble autant à un bracelet d’orfèvrerie qu’à une montre traditionnelle.
Audemars Piguet montre surtout une chose : ses icônes ne sont pas figées, elles sont en perpétuelle réinvention, sans jamais perdre ce mélange très particulier de radicalité et d’élégance qui fait la signature de la Maison du Brassus.

Royal Oak Offshore : le bloc sport de la collection
Du côté de la Royal Oak Offshore, le programme 2026 est clairement orienté sport extrême, avec de nouveaux chronographes et des Diver qui renforcent le caractère baroudeur de la ligne. Les chronographes automatiques 43 mm se déclinent notamment en titane avec cadran bleu, couronne et poussoirs en caoutchouc noir, pour un look de "tool watch" ultra luxe, et en or rose 18 carats avec cadran gris fumé et bracelet en caoutchouc assorti, qui assume le mix entre montre de yacht et instrument de sports mécaniques.
Les Offshore Diver 42 mm en acier complètent le tableau avec trois variations de cadran, bleu, vert et noir, chacune dotée d’une lunette interne tournante, d’un bracelet interchangeable et d’une finition satinée qui renforce la présence de la montre sans la rendre pesante. La version bleue reste la plus classique, presque nautique, là où la verte se veut plus aventureuse, tournée vers l’exploration, et la noire, radicale et polyvalente, fonctionne comme une "montre unique" capable d’accompagner n’importe quelle tenue.

Code 11.59 : l’avant‑garde assumée
Loin d’être une ligne à part, la Code 11.59 est désormais le laboratoire de Haute Horlogerie de la Maison, et les nouveautés 2026 le montrent clairement. La pièce phare est la Code 11.59 by Audemars Piguet Selfwinding Perpetual Calendar Openworked 41 mm en céramique noire et or rose, qui reprend le principe du calendrier perpétuel entièrement réglable via la couronne, tout en dévoilant le mouvement ajouré sous un cadran en saphir partiellement ouvert. La version en céramique noire et or gris, plus froide, accentue encore l’aspect architectural, presque futuriste, avec un contraste plus tranché entre les surfaces satinées, polies et les volumes du mouvement.
À côté de ce QP ajouré, la Code 11.59 accueille un Flying Tourbillon 41 mm au cadran ivoire, boîtier en or blanc, qui joue davantage la carte de la pureté : grande ouverture, complications visibles mais cadran épuré, comme une dress watch à la fois classique et ultramoderne. Enfin, au sommet de la gamme, l’Ultra‑Complication Universelle (RD#4) continue son parcours en Code 11.59 avec un boîtier en or blanc, plus de 1 100 composants et 40 fonctions dont 23 complications, le tout piloté par la fameuse "super‑couronne" qui simplifie drastiquement les réglages. Cette pièce n’est pas vraiment une nouveauté en soi en 2026, mais elle s’inscrit pleinement dans le discours de la marque : faire de Code 11.59 le terrain de jeu de la haute complication contemporaine.

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