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Investir dans l'or

Pourquoi investir dans l’or ?

 Est-ce une bonne période pour vendre ou acheter de l'or ?

Les prix de l’or ne cessent de battre des records cette année : plus de USD 2400 l’once d’or (28,35g) le 12 avril, puis à nouveau un pic le 21 mai 2024 à ce même niveau de prix. Quels sont les facteurs qui expliquent cette flambée, comment s’inscrit-elle historiquement et pour la joaillerie, quels sont les impacts ou les alternatives ?

Comment le prix de l’or a-t-il évolué ces dernières années ?

Quelques dates de ‘pics’ du prix de l’or qui ont marqué les esprits ces vingt dernières années :

Après une période relativement stable de 1980 à 2000, le cours de l’or amorce une flambée historique à partir de 2007, dopé par la croissance des pays comme la Chine et l’Inde, et passe autour de USD 1000 l’once et alors qu’il ne cotait que 450 USD/l’once en 2005, soit une hausse de 122%. La crise des dettes souveraines fait tomber un nouveau record en 2011 à USD 1900 l’once, soit un quasi doublement en 6 ans, puis 2020 voit passer la barre des USD 2000 avec la crise du COVID.

Au cours des quatre dernières années, le prix de l'or a connu d'importantes fluctuations, sous l'influence d'une série d'événements mondiaux et de la conjoncture économique.

  • La période 2020 à 2023 a été marquée par la pandémie, qui a eu un effet notoire sur les prix de l'or, du fait de la sensibilité du prix du métal aux changements économiques et politiques mondiaux. La pandémie a entraîné une volatilité sans précédent et une flambée des prix de l'or, les investisseurs recherchant des valeurs refuges dans un contexte d'incertitude.
  • Prévisions pour 2024 : Depuis 2022, les tensions géopolitiques avec la guerre en Ukraine puis avec celle entre Israël et le Hamas contribuent aussi à l'attrait de l’or, valeur refuge traditionnelle.

Les experts prévoient des hausses modérées à fortes du prix de l'or, certaines prévisions suggérant que l'or pourrait atteindre environ 2100 dollars l'once d'ici à la fin de 2024. Le pic de mai 2024 à USD 2,400 l'once représente une hausse de 17,4% depuis le début de l'année ! Des facteurs tels que l'assouplissement de la politique monétaire des banques centrales mondiales et les tensions géopolitiques actuelles pourraient être à l'origine de ces augmentations. Des prévisions plus optimistes suggèrent que les prix pourraient varier de 2 800 dollars à 7 000 dollars l'once, en fonction de facteurs économiques et de marché.

Une récente étude sur 50 ans que les périodes de  baisse de taux d’intérêts aux Etats-Unis engendrent une hausse des prix de l’or. Dans le contexte actuel en 2024, les économistes prévoient une hausse du prix de l’or.

 

Voici quelques données récentes fournies par le World Gold Council sur le premier trimestre 2024 :

La demande totale d'or a augmenté de 3 % en glissement annuel à 1 238 tonnes (achats importants de gré à gré par les investisseurs notamment), le premier trimestre le plus fort depuis 2016.

De plus, le premier trimestre n'a pas connu de ralentissement dans le rythme des achats d'or des banques centrales : 290 t (nettes) ont été ajoutées aux stocks officiels, dont seule une partie est actuellement reflétée dans les données du FMI.

La demande de barres et de pièces est en augmentation de 3% en glissement annuel, les marchés financiers sur l’or influent également (baisse de  114 tonnes des stocks mondiaux des ETF).

Le secteur de la joaillerie demeure actif en dépit de la hausse des prix. La consommation mondiale de bijoux n'a baissé que de 2% en glissement annuel, à 479 tonnes. La fabrication de bijoux a augmenté de 1% en glissement annuel à 535 t.

La demande technologique d'or a augmenté de 10 % en glissement annuel, le boom de l'intelligence artificielle ayant stimulé la demande dans le secteur de l'électronique.

 

Quels sont les facteurs qui influent sur le prix de l’or ?

Revenons sur les raisons de l’augmentation du cours de l’or ces derniers mois.

Pour l'or, les prix sont généralement suivis par once en USD sur diverses bourses de matières premières, telles que le London Bullion Market ou le New York Mercantile Exchange (NYMEX). Les principaux moteurs du prix de l'or sont les taux d'inflation, les taux d'intérêt, la stabilité géopolitique et la demande dans les secteurs de la bijouterie et de la technologie.

  • Politiques économiques, taux d'intérêt et devises : Les politiques des banques centrales, en particulier celles liées aux taux d'intérêt, peuvent affecter la valeur des monnaies et l'attrait de l'or en tant qu'investissement. L’or est en effet bien plus qu’une matière première, il est aussi traité tel une monnaie. Dès lors, il faut prendre en compte comme on le fait pour une matière première, les coûts de production, l’offre et la demande, et également de façon beaucoup plus sensible qu’une autre commodité, les influences des politiques économiques et monétaires des pays (notamment les Etats-Unis), les risques et tensions géopolitiques. Le cours du dollar et la dette américaine influe également également sur le cours de l’or : si le dollar se déprécie, l’or devient relativement moins cher dans d’autres monnaies, poussant ainsi la demande et donc son prix en dollar à la hausse.
  • L'inflation : L'or est souvent considéré comme une protection contre l'inflation. La hausse des prix peut inciter à acheter de l'or, tandis que les périodes de déflation peuvent freiner l'intérêt.
  • Les tensions géopolitiques : L'incertitude et l'instabilité accroissent la demande d'or en tant que valeur refuge, les récents événements ont clairement montré les pics à la hausse du prix de l’or, et son maintien actuel ainsi que les prévisions à la hausse sont signes des instabilités encore forte partout dans le monde.
  • Demande technologique et industrielle : les applications technologiques (l'électronique notamment) peuvent influencer la demande. Celles des consommateurs sur les marchés clés (par exemple, la Chine et l'Inde) ont un impact significatif sur les prix.
  • Dynamique de l'offre : les changements dans la production minière, les taux de recyclage ainsi que le développement de l’extraction « secondaire » (recyclage), tant en termes de taux de recyclage que de coûts (de nature et de géographique différente de la production minière) sont des éléments clés dans  l’élaboration du prix de l’or.
 

D’où provient l’or utilisé en joaillerie ?

Pour comprendre la formation du prix de l’or, il faut également se pencher sur sa production et donc son origine.

Les principaux producteurs d’or « primaire » (mines)

L’Afrique du Sud est restée longtemps le premier producteur minier mondial depuis le début du XXe siècle, mais passe au 8e rang en 2017, dépassé par la Chine (dès 2007) puis l’Australie, la Russie, les Etats-Unis, le Canada, le Pérou, et le Ghana.

La production minière est très peu concentrée : les 12 plus grosses sociétés minières mondiales (hors Chine, premier producteur mondial) n'ont produit que 31 % de l'or primaire en 2017, tandis que le secteur de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle extrait 20% de l’or produit mais représente la part la plus importante de l’effectif de l’industrie minière et contribue à faire vivre plus de 150 millions de personnes.

Depuis une vingtaine d’années, la production d’or éthique et responsable est soutenue par la mise en place du label Fairmined, initiative créée en 2004 par la fondation Alliance for Responsible Mining ou ARM, reconnue au niveau mondial pour son rôle de leader et pionnière dans le secteur de l'exploitation minière artisanale et à petite échelle. Dans les années 2010 en France, des créateurs de bijoux et des maisons de joaillerie, comme Chopard, Paulette à Bicyclette, JEM (Jewellery Ethically Minded), Courbet etc. effectuent le choix de l’or certifié Fairmined, pour une partie de leurs collections ou la totalité. De même, la Palme d’or du Festival de Cannes, depuis 2013 , le trophée du prix Nobel de la paix depuis 2015, les Lauriers olympiques remis lors de la cérémonie d’ouverture des jeux olympiques d’été depuis les Jeux de Rio en 2016, ou encore une partie de la production de plusieurs monnaies européennes comme la Monnaie de Paris, commencent à être produits avec de l’or certifié Fairmined.

« En partant de seulement une poignée de marques pionnières en 2013, l’initiative Fairmined s’est étendue jusqu’à compter aujourd’hui plus de 180 entreprises (bijoutiers, raffineurs et fabricants) travaillant avec l’or certifié Fairmined réparties dans 21 pays des Amériques, d’Asie, d’Europe et d’Océanie. » (https://www.responsiblemines.org/fr/impact/notre-impact/ 2024)

 

Quel est le stock d’or sur Terre ?

En 2018, GFMS estime le stock d'or "au-dessus du sol" à environ 190 400 t, soit l'essentiel de ce qui a été historiquement extrait, réparties à 47,4 % sous forme de bijoux, 16,8 % sous forme de réserves dans les banques centrales, 21.7 % sous forme de pièces et lingots dans des stocks privés, 12,2 % sous forme d'objets ou dans des équipements divers, ce qui totaliserait 186 700 t, le reste (3 700 t) étant non inventorié (fig.13). On remarquera que ces réserves de 33 763 tonnes stockées dans les coffres des banques centrales couvriraient 101 ans de la consommation technique d'or (industrie, électronique, dentisterie) à son niveau de 2017.

 

La source secondaire d’or : le recyclage

La récupération (bijoux revendus et refondus, recyclage des déchets d'équipements électriques et électroniques, couronnes dentaires, etc.) a approvisionné le marché de l'or mondial à hauteur de 1210 tonnes en 2017 (contre 3300 tonnes « primaires » extraites de mines en 2017), soit 37%, ce ratio est en général d’environ 25% selon le World Gold Council.

Cette activité de retraitement (extraction et récupération de l’or des déchets) est souvent située dans des pays qui n'ont pas de production minière d'or, en particulier en Europe (Allemagne, Belgique, Suisse, Royaume-Uni …), travail d’affinage. Le affineurs les plus importants se situent en Suisse et en Belgique (comme Umicore en Belgique).

Quelle est la part de l’or recyclé dans les bijoux neufs aujourd’hui ?

Les consommateurs de bijoux en or sont de plus en plus exigeants sur l’origine de l’or, et la lecture de précédents chiffres prouvent bien qu’alors que près de 3,300 tonnes d’or sont encore extraites du sol en 2017, plus de 89,000 tonnes de bijoux en or circulent, dont près de 92% dorment au fond des tiroirs (selon S. de Quercize). Si l’achat d’un bijou de seconde-main procure la certitude d’utiliser cette partie du « stock » de bijoux, il est plus délicat d’évaluer si un bijou fabriqué à partir d’or recyclé issu d’une fonderie est bien de l’or qui a déjà servi.

L’or recyclé est rarement tracé de façon certaine et cette appellation n’est pas cautionnée par les partisans de l’or éthique, notamment : en effet, est considéré comme de l’or recyclé les rejets de fonte (alors que l’or n’est jamais devenu un objet final), et il existe également des objets en or qui ne n’ont d’autre utilisation possible que d’être refondus. Si l’or qui résulte de ces fontes est considéré aujourd’hui comme de l’or recyclé, il n’a pourtant pas servi auparavant.

On peut espérer que les labels et audits sur le sujet rendront le principe de l’or recyclé plus clair et normé.

 

A partir de quoi et comment l’or est-il recyclé ?

L’or est une matière fongible, avec une température de fusion à 1064,18 °C, c’est-à-dire température à laquelle il passe de l'état solide à l'état liquide, ce qui permet de le réutiliser et de transformer sa forme à l'infini depuis des millénaires. En ce sens, d’aucuns précisent que le terme de « recyclage » est impropre (la définition du recyclage était de récupérer un déchet pour le réemployer après traitement). En dehors de l’or stocké pur, et compte tenu de l’ utilisation notamment dans l’ électronique, sa collecte et sa remise à l’état pur devient de plus en plus complexe mais nécessaire du fait des enjeux écologiques de la production primaire de l’or. En effet :

infographie 58 Facettes

De plus, pour l’extraction de 20 grammes d'or :

Une vingtaine de tonnes de déchets miniers divers auront été produits.

450 kg de CO2 auront été rejetés dans l'atmosphère

150 litres de carburant auront été consommés, nécessaires au fonctionnement des machines.


Le recyclage de l’or électronique et industriel

L’or est utilisé dans la plupart des appareils électroniques : dans certains composants des ordinateurs, dans ceux des smartphones... en quantité infimes (dans une tonne de cartes électroniques, il y a 1 kilo d’or) mais qui rapportées à au nombre de ces objets, représente des centaine de tonnes de métaux qui sont perdus si non recyclés (d’autant que le cycle de vie de ces appareils est court).

Depuis 2015, de nouvelles techniques permettent le traitement de ces déchets électroniques à l'échelle industrielle. Par exemple, le projet Remetox en France visait en 2015 à récupérer ces métaux précieux à plus de 95 % et l’entreprise a ainsi déposé un brevet qui lui permet de développer une technologie capable de récupérer la plupart des métaux précieux contenus dans les composants électroniques afin de permettre leur réutilisation, et ce en utilisant des méthodes dont l'impact écologiques serait faible. Des « mines urbaines » dont le ratio or/déchet est bien connu dès le départ, contrairement aux mines d’extraction d’or !

 

Est-ce le bon moment et pourquoi revendre vos bijoux ?

Si les pics du cours de l’or début 2024 ont un impact sur la demande de production d’or, la revente du métal précieux ou son recyclage deviennent au contraire attractifs. «Le recyclage est la source d'approvisionnement en or qui réagit le plus immédiatement au prix et aux chocs économiques», affirme le World Gold Council, tandis que la production minière est évidemment contrainte par les aspects techniques de l’extraction.

Ainsi, le World Gold Council estime à 12% l’augmentation du recyclage au premier trimestre, un pic depuis fin 2020, issu essentiellement de la revente de bijoux par des particuliers.

Toutefois, la force de valeur refuge de l’or limite ce que les personnes sont prêtes à céder et donc préfèrent encore conserver cet actif. Par ailleurs, une façon de limiter l’impact pour les personnes souhaitant acheter un bijou est de le transformer plutôt que d’acheter du neuf, dont la demande commence à être freiné par le prix élevé de l’or.

 

Quelques erreurs d’appréciation à ne pas commettre quand vous vendez de l’or

 

  • L’or des bijoux n’est pas de l’or pur mais un alliage d’or

Si vous suivez le cours de l’or, n’oubliez pas que les bijoux en or ne sont pas composés d’or pur à 100%. En effet, ce métal est trop mou pour que des bijoux puissent être suffisamment résistants et être portés quotidiennement. Les bijoux « en or » sont donc des bijoux composés d’un alliage en or. En joaillerie, cet alliage est composé le plus souvent de 75% d’or, puis de différents métaux (argent, cuivre, palladium…), mélange qui influe sur la couleur de l’or. La dénomination officielle se lit donc en millièmes d’or mais on parle communément d’or 18 carats (l’or pur étant de 24 carats, l’or 18 carats est équivalent à de l’or 75 millièmes) tandis que l’or 14 carats est composé de 14/24 d’or soit 58,33 millièmes d’or. Chez 58 Facettes, nous n’acceptons pas un titrage d’or inférieur (notamment l’or 9 carats, puisque la part d’or est inférieure à la part restante des autres métaux, nous ne le considérons pas comme de la joaillerie).

Il ne faut donc pas comparer le cours de l’or au gramme au prix proposé au gramme d’un bijou tout or : seul 75% du poids correspond à celui de l’or.

Vous pouvez lire : Les Carats de l'or, qu'est-ce qui les différencie ?

  •  Le rachat d’or comprend les coûts de retraitement

Comme toute matière première, le prix à l’achat et le prix à la revente de l’or est différent. Cette différence est dû au coût de refonte de l’or racheté et son retraitement : il doit être fondu puis séparé des autres métaux etc., après que le titrage de l’or de vos bijoux ait été contrôlé, ce que nos experts font systématiquement afin de pouvoir estimer vos bijoux. (pour comprendre les différents titrages de l’or et les vérifications, notamment grâce aux poinçons, vous pouvez lire : Les poinçons 

 

Le travail de l’or sur un bijou mérite d’être valorisé 

Vendez des bijoux et non l’or de vos bijoux ! Quand un bijou vintage est de qualité et en bon état, il vaut davantage que son poids en or : n’oublions pas qu’il sera nécessaire de payer le raffinage du métal travaillé puis le coût de fabrication d’un bijou identique (parfois avec une technique qui a disparu ou est devenue beaucoup plus onéreuse à mettre en œuvre) pour recréer le bijou qui aura été porté à la fonte.

Pour qui souhaite acquérir un bijou, un bijou tout or vintage, son prix ramené au poids de l’or se situera donc entre ces deux prix : le prix de l’or à son titrage et le prix du bijou neuf équivalent. La fourchette de valorisation d’un bijou vintage (sans signature d’une marque reconnue ou atelier réputé) est entre 50 et 80% supérieure au cours de l’or de son titrage.

 

Que cela soit pour en acheter ou pour en vendre, faites donc estimer un bijou vintage tout or par un professionnel qui sera vous confirmer s’il est de qualité et si son design et travail est attrayant pour le marché, ce qui vous permettra de bien mieux le valoriser que son poids d’or.

 

 

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