TEFAF 2026 : Van Cleef, Buccellati et Boivin, le trio d'or de Maastricht
La TEFAF, ou The European Fine Art Fair, réunit chaque année à Maastricht les plus grands collectionneurs et experts du monde entier pour célébrer l'art sous toutes ses formes, des tableaux de maîtres aux objets d'exception. En 2026, du 14 au 19 mars, trois maisons de joaillerie d'exception, Van Cleef & Arpels, Buccellati et René Boivin, captivent les regards par leur fusion magistrale d'historicisme et de modernité artistique.
Elles incarnent un art vivant, primé pour leur maîtrise des gravures, des sertis invisibles et des formes organiques, véritables hommages aux traditions orfèvres élevées au rang d'œuvres sculpturales.

Van Cleef & Arpels : l'héritage transformable
Fondée en 1906, Van Cleef & Arpels déploie à TEFAF 2026 une quarantaine de pièces de sa collection Héritage, illustrant son rôle pionnier dans les Arts Décoratifs du XXe siècle, avec une douzième participation remarquée à la foire.
Parmi les joyaux phares, un clip Feuille de 1943 en platine et diamants abstrait flirte avec la géométrie moderniste, tandis qu'un modèle de 1947 en or blanc, pavé de diamants brillants et nervuré de rubis baguette en serti Mystérieux® (invention maison de 1933) évoque un feuillage luxuriant et transformable en broche ou pendentif. Une broche papillon des années 1920, en platine ciselé, ornée de diamants calibrés, d'émeraudes et d'une perle fine, révèle des mécanismes ingénieux permettant de la convertir en collier, soulignant l'expertise gemmologique de la maison qui sélectionne des pierres d'une pureté exceptionnelle, comme ces saphirs de Ceylan de 5 à 10 carats taillés en cabochon pour un éclat velouté. Ces créations, issues des années 1920 à 1960, mêlent or, platine, diamants taille ancienne et pierres de couleur rares, célébrant un héritage où chaque pièce raconte une histoire de transformabilité et d'élégance parisienne.

Buccellati : l'artisanat mosaïqué et gravé
Buccellati, Maison milanaise fondée en 1919, enchante TEFAF 2026 avec son savoir-faire millénaire puisé dans l'Antiquité, où gravure et ciselure deviennent signatures intemporelles. La collection Mosaico, inspirée des mosaïques byzantines du mausolée de Galla Placidia à Ravenne, présente des bracelets et colliers en or jaune et blanc gravé main selon les techniques Rigato - lignes fines parallèles créant un effet soyeux texturé - et Telato, imitation translucide du verre ancien. Un collier plastron unique arbore des tesselles géométriques en diamants jaunes, saphirs bleus, tsavorites vertes et rubis, sertis sur or 18 carats texturé Ornato et Modellato, totalisant plus de 50 carats de pierres précieuses aux couleurs vives évoquant un ciel étoilé bleu nuit rehaussé d'or. Des bagues cocktail de la même ligne, comme une pièce avec tourmaline Paraïba de 18 carats, kunzite de 23 carats et tourmaline verte de 20 carats, gravées à la main pour un relief sculptural, fusionnent artisanat italien et esthétique byzantine, primées pour leur précision orfèvrale qui fait de chaque bijou une œuvre d'art complexe et lumineuse.

René Boivin : rééditions légendaires d'asymétrie et d'organique
René Boivin, joaillier parisien des années 1930-1970, fascine à Maastricht avec des originaux d'époque et des rééditions fidèles réalisées dans des ateliers parisiens. Une broche iconique de 1920, murmure de secrets Art Déco, en or jaune ciselé figurant un paon asymétrique aux plumes organiques serties de diamants taille rose, d'émeraudes cabochon et de cornaline sculptée, pèse environ 25 grammes et incarne l'esthétique fluide de Jeanne Boivin, épouse et collaboratrice du fondateur. Parmi les rééditions 2026, un bracelet pendentif des années 1940 en platine, orné d'une opale australienne de 15 carats encadrée de diamants baguette et de perles naturelles, conserve l'asymétrie légendaire de la maison, tandis qu'une bague 1960 réinterprète une forme organique en or rose, saphirs stellaires de 8 carats et émail translucide, totalisant 30 grammes de métaux précieux travaillés main pour un rendu sculptural hypnotique. Ces pièces, vendues à des collectionneurs avertis, perpétuent un style organique et audacieux, loin des symétries classiques, avec des pierres sélectionnées pour leur texture vivante et des métaux patinés évoquant la nature en mouvement.
Autres bijoux remarquables à la TEFAF 2026
Au-delà du trio d'or, Wartski expose des pièces royales comme un diadème Fabergé de 1900 en or et platine serti d'émeraudes russes de 20 carats et diamants, tandis que Margot McKinney présente des créations contemporaines en titane oxydé et diamants bruts, mêlant minimalisme organique à des rubis birman de 10 carats pour une modernité hybride.
Ces trouvailles complètent un salon où l'art joailler renaît sous les projecteurs de Maastricht, invitant à redécouvrir ces trésors artisanaux immortels.
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